Rabat, la ville-jardin Évasion Nature

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avec la participation de Mounia Bennani, architecte-paysagiste

Si Rabat était un arbre, elle serait un eucalyptus, ou un pin, ou un olivier, ou mieux, un jardin, mêlant l’Andalousie et la France. Elle a été une ville modèle sous le protectorat français (1912-1956) et le maréchal Lyautey, premier résident général de la France au Maroc, a alors fait appel au paysagiste Jean-Claude Nicolas Forestier. Celui-ci venait d’établir le concept de «système de parcs». En 1913, il se rend au Maroc, rédige un rapport et un nombre de prescriptions basées sur sa théorie. Celle-ci préconisait le développement urbain à travers un réseau continu d’espaces verts.
Lyautey adopte la vision de Forestier et fait appel à l’architecte Henri Prost pour mettre en œuvre ce modèle de jardins. Dès 1914, Prost s’y attelle.

A l’époque de l’installation des Français à Rabat, la vie de la ville était regroupée à la Kasbah des Oudayas et à la médina. Celle-ci était déjà entourée de jardins et ils furent préservés dans le nouveau plan d’aménagement de la ville nouvelle. Tout comme les monuments du passé qui furent classés, selon le principe de Lyautey fondé sur la sauvegarde du patrimoine.
Pour conserver la vue sur la médina, Prost décide de dresser les premiers plans en jardins. Voilà l’originalité de Rabat. La ville nouvelle a été pensée avant tout en jardins, en espaces publics, entourée d’une ceinture verte.
De plus, Lyautey, de sa résidence située sur le plus haut point de Rabat, voulait profiter de la vue sur la médina et l’océan. Pour mettre en valeur cette perspective, un jardin, nommé justement Triangle de vue, se situe juste en face des remparts de la médina. Quant aux jardins de la résidence du maréchal, ils ont été conçus dans la plus pure tradition française. Le lieu est aujourd’hui fermé, un musée doit y être construit et la villa rénovée. A suivre.

Enfin, d’autres jardins parcourent Rabat, celui de la Kasbah des Oudayas, qui est andalou, et ceux de la Tour Hassan et du Chellah qui sont des espaces où il fait bon se promener.
Si ces jardins méritent d’être encore mieux mis en valeur, Rabat reste une ville verte, ou plutôt paysage, qui offre, parmi sa végétation étendue, des vues dégagées sur son histoire et tous les monuments d’avenir qui se bâtissent aujourd’hui.

Le jardin d’Essais de Rabat On y vient pour flâner ou pour admirer le lieu, et surtout vous verrez des va-et-vient, direction école, travail, maison ou jogging. C’est que ce grand jardin qui date de 1919 a été dessiné par Forestier, lui-même inspiré par le Parque de Maria Luisa de Séville. Par sa vaste perspective, il est français, par son système d’irrigation, il est marocain et andalou. 
 Structuré en cinq terrasses, irriguées de la plateforme où l’eau se déverse ensuite d’une fontaine à l’autre, le jardin d’Essais a 15 mètres de dénivellation, du haut, et environ 470 mètres de long. A l’origine, c’était un jardin d’acclimatation, une grande pépinière qui produisait et fournissait aux autres espaces publics et à quelques particuliers des plantes. Il est par la suite devenu un espace ouvert au public. Certains arbres sont rares et d’autres datent de sa création. La collection de cactées, si elle n’est pas variée, est fournie et possède des spécimens âgés. Monument Historique depuis 1992, ce jardin fait aussi partie du Patrimoine Mondial.

A découvrir…

1. Jardin d’Essais

Premier jardin réalisé en 1914.
Restauré et réouvert depuis 2013, il s’étend sur une dizaine d’hectares en plein centre de la ville.

2. Jardin du Belvédère

Site de la foire d’exposition franco-marocaine, sur l’un des points hauts de la ville, il devient ensuite un jardin public dans la continuité du jardin d’Essais. Deux fontaines ornent encore le jardin. Réalisées en pierre de Salé, elles datent de 1917. Classé Monument Historique en 2003.

3. Bois de l’Aguedal
Autour du Palais Royal, une ceinture verte d’eucalyptus a été aménagée en 1940.

4. Jardin Nouzhat Hassan (ex Triangle de Vue)
Dessiné en 1924 par Marcel Zaborsky, architecte paysagiste français. Classé Monument Historique en 2003. Etendu sur plusieurs hectares, il distingue la médina de la nouvelle ville.

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