L’unique Jardin Majorelle Évasion Nature

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Arrivez tôt pour profiter de la fraîcheur de l’ombre, écouter le vent se frotter aux bambous, se laisser bercer par l’écoulement des fontaines, entendre le chant des oiseaux nichés dans les arbres, admirer tranquillement toutes les variétés de plantes.

Plus tard, il y aura foule, le jardin accueille plus de 760 000 visiteurs par année.
Que penserait Jacques Majorelle s’il voyait l’entretien impeccable et le succès toujours grandissant de son jardin? Lui qui l’a rêvé, voulu puis réalisé. Il y a bien eu quelques changements, là une allée de cactées a été définie, ici, des bougainvilliers ont apporté de la couleur, un débroussaillage a été nécessaire,… Oui, son jardin est sûrement plus structuré aujourd’hui mais il a surtout offert à Marrakech un espace hors du temps, paisible et à la fois brûlant, par ce bleu affirmé qui jaillit et qui claque, rivalisant avec celui du ciel, qui défie la lumière de la ville rouge et qui lui offre aussi une toile parfaite sur laquelle elle se fait, tour à tour, éclatante et fragile.

Jacques Majorelle est né en 1886 en France, à Nancy. Il découvre le Maroc en 1917, invité par le général Lyautey, ami de son père, et tombe sous le charme de la lumière de Marrakech. S’il réside en médina à ses débuts, dès 1923, il acquiert un terrain de plus d’un hectare dans une zone encore vierge, avec quelques palmiers et peupliers. Il y fait construire une maison au style mauresque et un atelier qu’il nommera «bou safsaf», qui signifie peuplier en arabe. La propriété deviendra ensuite la Villa Oasis, la maison où habiteront un temps Yves Saint Laurent et Pierre Bergé.
Majorelle agrandira son domaine jusqu’à quatre hectares et en 1931, il fait appel à l’architecte Paul Sinoir. Un pavillon moderne, d’inspiration Bauhaus et Le Corbusier, est ainsi créé. Il installe son atelier au rez-de-chaussée et une chambre à l’étage. Il semble alors préférer cet espace et y passera la majorité de son temps.
Tout autour, Jacques Majorelle peaufine son jardin et de l’étage, il peut contempler cette nature florissante. Il y ajoute, en plus des espèces locales, une grande variété de plantes tropicales.

Majorelle continue de peindre mais plus uniquement des tableaux. Puisque le pavillon n’est pas visible de la rue, il se permet de le peindre en bleu, à l’inverse de toutes les habitations de couleur ocre. Il ose aussi un jaune criard, il arabise l’extérieur du pavillon en l’agrémentant d’arcs fins, en bois, il ajoute des poissons rouges dans les bassins et il ouvre dans les années 1930 son jardin au public.
Les années 1940 commencent à être difficiles pour le peintre qui, d’un côté, puise son inspiration de son jardin et de l’autre, doit absolument produire des œuvres pour l’entretenir. Le végétal prend le dessus, le pavillon est caché par l’exubérance de la nature.

Puis, un divorce, un accident de voiture, Majorelle est obligé de morceler le grand terrain. Il quitte le Maroc en 1961 et meurt à Paris l’année suivante.

Lorsque Yves Saint Laurent et Pierre Bergé découvrent le jardin, en 1966, ils viennent s’y promener, l’endroit leur plaît. Puis, lorsqu’en 1980, ils apprennent qu’un projet de complexe hôtelier se dessine, ils décident de l’acheter.

Ils résident à la Villa Oasis et lancent les travaux de restauration du jardin. De 134 espèces, le jardin passa à plus de 300 !
Le pavillon, devenu le Musée Berbère, a été rénové par les architectes Bill Willis et Jacques Grange.

 

Le 1er juin 2008, Yves Saint Laurent décède. Si ses cendres ont été dispersées dans la roseraie de la Villa Oasis, un mémorial a été installé dans le jardin Majorelle. Il est composé d’une colonne romaine ramenée de Tanger, où le créateur vivait aussi. Depuis 2010, la rue porte le nom d’Yves Saint Laurent et le jardin a conservé le nom du peintre Majorelle, comme une rencontre possible entre ces deux êtres sensibles.

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