Les parcs de Casablanca Évasion Nature

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avec la participation de Bertrand Houin, architecte paysagiste

A Casablanca, la plupart des habitants vous diront que la ville manque d’espaces verts et que Rabat, la capitale, à côté, est bien mieux lotie. A une dizaine de kilomètres de Casablanca, il y a bien la forêt de Bouskoura, composée essentiellement
d’eucalyptus, mais qui est grignotée par les projets immobiliers. En ville, il est vrai que les arbres sont rares, même si certaines artères sont pourvues de palmiers majestueux. Pourtant, Casablanca peut se targuer d’avoir un immense parc, celui de la Ligue Arabe, d’une superficie globale de 35 hectares.

Le parc de la Ligue Arabe
Le maréchal Lyautey, nommé au Maroc dès le début du protectorat français, choisit alors Henri Prost comme architecte en chef et urbaniste officiel. Celui-ci, à son tour, appelle d’autres architectes à le joindre, comme Albert Laprade qui, dès 1915, est affecté au “Service des plans des villes du Maroc”.
Il restera à Casablanca durant un an et demi et se chargera de dessiner le Grand Parc Central.
L’orientation à la française le borde de palmiers Phœnix et de rangées de ficus.
Il est déjà traversé en son centre par le boulevard Moulay Youssef, donnant toujours cette perspective ouverte, chère à Laprade, qui fait profiter de la profondeur de champ. Aujourd’hui, c’est plutôt du côté du boulevard Rachidi que vous profiterez de la beauté des lieux, laissés malheureusement à l’abandon depuis un certain temps.
Dans les années 1930, un bâtiment sportif s’y ajoute ainsi que d’autres équipements.
Le parc prendra le nom de parc Lyautey, à la mort du maréchal, puis deviendra ensuite le parc de la Ligue Arabe lors de l’indépendance.

Le parc de l’Ermitage
Le second plus grand parc de Casablanca, avec ses 18 hectares d’origine, a été réhabilité et a rouvert en 2011. Avant de devenir un jardin public, cette pépinière conçue en 1920 par Prost, dessinée par Laprade, servait à fournir en arbres les nouveaux grands boulevards de la ville.
Il sera ensuite dans les années 1930 réaménagé en parc avec une palmeraie “à la française” dans laquelle des palmiers Phoenix et Washingtonias datent de cette époque.
Tout autour, l’esprit “à l’anglaise” structure le parc qui ne serait rien sans son grand bassin central de 3000 m2 aux douze jets d’eau dans lequel, en plein été, les enfants n’hésitent pas à se rafraîchir.

Regardez parfois au loin et si les haies sont bien taillées à un mètre de hauteur, vous serez plongés dans la végétation tout en profitant d’un champ de vue ouvert; cette empreinte de Laprade est ici aussi respectée.
Vous pourrez vous y rendre à pied, mais il est un peu à l’extérieur du centre de la ville, sinon un parking est aménagé à l’entrée.

Le jardin ISESCO
A quelques pas de l’église Notre-Dame de Lourdes, un jardin mieux connu sous le nom de “Jardin Murdoch” est dessiné en carré. Sur environ 3 hectares, il a été créé avant le parc de l’Ermitage, mais ses origines demeurent floues.
Restauré il y a peu, il fait toujours partie prenante de la vie des habitants puisqu’il est traversant, du lycée Lyautey au quartier résidentiel Mers Sultan.
Il est conçu “à la française”, avec une allée circulante et des diagonales qui en découlent.

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