Le Tanger des écrivains d’ailleurs Empreinte

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Si elle semble, au détour de certaines rues, avoir disparu et si les traces de son passé sont parfois effacées, la culture continue de vivre à Tanger. Aujourd’hui, le Tanger international est toujours présent, on y parle encore espagnol, français, anglais. Des artistes, en quête d’inspiration ou par curiosité, atterrissent dans la ville et décident d’y résider quelques mois ou de s’y installer, comme l’ont fait avant eux Joseph Kessel, Paul Morand, Jack Kerouac, Williams Burroughs…

Le premier est Paul Bowles qui écrivit, en découvrant la ville: «J’avais toujours su qu’un jour dans ma vie, j’entrerais dans un lieu qui me donnerait à la fois la sagesse et l’extase.” Le suivirent toute une génération appelée la Beat Generation, dont Bowles ne fait pas
partie.
La Dream City en a fait rêver plusieurs. Ils l’ont été aussi par les peintures de Matisse. Arrivé à Tanger pour la première fois au début de l’année 1912, lui-même y avait été attiré par les oeuvres de Delacroix.
Du Paysage vu de la fenêtre, réalisé de la chambre 35 du Grand Hôtel Villa de France, à La Porte de la Casbah, Matisse a été charmé par Tanger.

Combien étaient-ils ces écrivains happés par Tanger? Impossible de le dire.
Où leurs pas les ont menés, dans cette ville-aimant et amante? Assurément, au café Hafa, face au détroit de Gibraltar, puis au café Fuentes, sur la place du Petit Socco. Tennessee Williams y aurait écrit une pièce et Saint-Exupéry aurait logé à l’étage.
A quelques mètres, l’hôtel El Minzah, toujours en place, a été fréquenté, entre autres, par Samuel Beckett et Jean Genet. Celui-ci, fasciné par Tanger, est d’ailleurs enterré à Larache, à moins de 100 km.
Même s’ils n’y vivaient pas, certains avaient leurs habitudes, comme Marguerite Yourcenar qui passait saluer le propriétaire de la Librairie des Colonnes.

Et, puis, pourquoi Tanger? Ces mêmes écrivains ont essayé
justement de se l’expliquer à eux-mêmes. Ne cherchez pas de raison. L’inspiration se nourrit de mystère. Finalement, il faut bien un jour s’arrêter, ne serait-ce que quelques heures, et écrire.

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