La médina & la Sqala Les Incontournables

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En 1468, la ville d’Anfa, concentrée alors dans la médina, fut détruite par les Portugais puis, en 1755, le tremblement de terre finit par achever l’effondrement. Elle n’était plus qu’un repère côtier pour les marins, sans importance, depuis déjà trois siècles. Une éternité.
Le sultan alaouite Sidi Mohammed Ben Abdallah, à la fin du 18ème siècle, décide de changer le cours de l’histoire. Il veut d’abord assurer la défense de son territoire, sur toute la côte atlantique. Un bastion sur la mer devant la médina de Dar el Beïda sera alors édifié: la Sqala, dérivé du mot «échelle» et «escale».
Ce ribat maritime défend la médina et surveille les navires européens qui longent la côte et qui pourront très bientôt accoster, ce qui réveillera la ville et annoncera une nouvelle ère commerciale. Ce sont des maîtres-ouvriers génois qui sont à l’origine de sa construction.

 

Le sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah a la volonté de peupler à nouveau la ville, de remettre Dar el Beïda sur la route des marchands. Il restaure les murailles, construit la mosquée Al Kébir, un hammam, le four. Mais il faudra attendre le 19ème siècle pour que les échanges internationaux s’intensifient.

Derrière ses quatre kilomètres de remparts, la médina de Casablanca n’est pas de celle qui attire les touristes. Elle ne comprend aucun souk mais elle mérite en partie d’être visitée, ne serait ce que pour admirer les façades qui mêlent plusieurs styles architecturaux. Elle est habitée par quelques Casablancais et plusieurs familles venues des quatre coins du Maroc.

Juste à côté de la Sqala qui abrite un café et un restaurant, très joliment aménagés, vous trouverez un premier lieu saint. Le sanctuaire abrite la sépulture du premier patron de la ville, Sidi Allal el Kairouani et de sa fille, Lalla Beida, qui signifie «blanc» en arabe et d’où viendrait le nom de Casablanca. L’histoire, ou la légende, veut qu’il soit venu de Kairouan au 14ème siècle et qu’il ait fait naufrage au large de Casablanca où il a été recueilli par des pêcheurs.
Plus loin, la place Sidi Bousmara se distingue en son centre par un mausolée qui accueille le tombeau d’un homme, de passage dans la ville, en quête d’eau, qui aurait fait jaillir une source. L’homme s’installa là et y passa sa vie. Depuis, la coutume voulait qu’en plantant un clou dans les arbres de la place, on s’assure de la protection du saint homme.

En vous promenant dans la médina, vous tomberez très vite sur l’ancienne église espagnole Buenaventura, qui vient d’être restaurée à l’identique et qui a été reconvertie en maison de la culture, avec bibliothèque, salle informatique et crèche pour les enfants. Le terrain avait été offert à la fin du 19ème siècle par le sultan Hassan 1er au roi d’Espagne. Les Franciscains y bâtirent une église qui fut en activité jusqu’en 1968.
Pas très loin de l’église et de la mosquée, la synagogue Ettedgui a été l’un des plus importants lieux de culte mais elle est aujourd’hui fermée.

 

La médina de Casablanca renferme plusieurs écoles dont une qui était l’ancien consulat d’Allemagne et vous pourrez admirer la devanture de style européen. Dès 1857, les puissances commencent à installer leurs consulats dans la médina. La première fut la Grande-Bretagne et à la fin du 19ème siècle, la France, l’Espagne et l’Allemagne ont suivi. Si toutes ont déménagé dans la ville nouvelle, il subsiste sur certains murs les plaques qui indiquent l’origine des bâtiments. Ceux-ci se situaient tout autour de la demeure du résident général Lyautey, que vous pourrez apercevoir à travers la grille. Interdite d’accès, sauf durant les journées du patrimoine, la villa est la propriété de l’Union Marocaine du Travail. Le roi Mohammed V leur en a fait don après l’indépendance, en reconnaissance de leurs actions de résistance.

Après avoir parcouru les ruelles de la médina, rendez vous à l’hôtel Central. Vous plongerez dans une autre époque et en montant vers la terrasse boire un thé ou un café, arrêtez vous pour jeter un coup d’œil sur les chambres, ambiance surannée garantie.

Les prochaines années vont changer le cours de la vie des habitants de la médina. La nouvelle marina en face promet un flot de touristes et les futures phases de réhabilitation veulent y ajouter plus d’animation. Cette médina qui n’a eu de cesse de se modeler va, tout comme Casablanca, continuer de s’adapter.

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