Aït Manos, la tribu des mains Inspiré par le Maroc

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La céramique naît de la rencontre de la terre avec les mains de l’homme. Aït Manos est ainsi, avant tout, une histoire d’amour. D’une femme et d’un homme, Ghalia Sebti et Tawfik Bennani, qui ont assemblé leurs destinées comme ces carreaux de zellige qui s’emboîtent l’un dans l’autre. Lui, le premier, a été séduit par cette jeune femme déterminée, rencontrée un jour d’été, sur la plage. Que lui voulait ce grand jeune homme, tout juste revenu de New York, à l’esprit indépendant? Ce sont peut-être cet horizon des possibles et sa douce fantaisie qui lui ont plu… il y a près de vingt-cinq ans.

Depuis, la tribu s’est agrandie. La famille d’abord, puis la marque qu’ils ont créée ensemble, Aït Manos, avec les maallems, ces maîtres artisans, tous venus de Fès. “Aït”, en langue berbère, signifie “les fils de”, en référence à la descendance, et “manos” vient de “mains”.
Cette sensibilité aux métiers d’art de leur pays, sans se connaître encore, Ghalia et Tawfik l’avaient ancrée en chacun d’eux. Fès est la ville d’origine du père de Ghalia qui a toujours connu cet artisanat traditionnel. De son côté, après avoir vécu en Belgique, Tawfik a parcouru le monde, il a découvert le Sénégal, il a vibré à Londres et il s’est imprégné de la culture new-yorkaise. Il y a travaillé… dans des ateliers de céramique! Dix ans dans cette ville qui ne dort jamais. Et un jour, c’est le déclic. Parce que si, là-bas, le rêve américain peut se réaliser; dans la jungle urbaine, il peut aussi se transformer en cauchemar. Réussir et être seul, ce n’est pas pour lui. Il revient au Maroc à 26 ans. Il est jeune et ambitieux, il a la vie devant lui. Il décide de la faire ici mais il a tout à (se) prouver.

En 1995, la marque Aït Manos est lancée. Le bureau est à Casablanca, la fabrication se réalise à Fès. Très vite, ils décident de rapatrier la production sur place et de maîtriser toutes les étapes. Leur souci de qualité leur dicte de veiller à chaque détail. Le couple a un objectif: toujours mieux, dans la méthode, la création, la distribution, rien n’est laissé au hasard. Si Aït Manos exporte la majorité de sa production, tout est encore réalisé à la main, le travail de l’homme est respecté.
Quelques étapes sont améliorées mais le processus demeure le même. La terre brute de Fès est concassée, affinée. Elle est ensuite mouillée et moulée dans des gabarits en bois. Des carreaux de 10 cm sont mis en forme, aplatis par la force des bras, puis séchés. Ils sont cuits une première fois, au four à gaz. Emaillés, ils repassent au four pour être taillés par les maallems.
Les hommes travaillent toujours à mains nues, pour sentir cette terre qui les fait vivre, et ils s’appliquent, répétant les gestes de leurs pères ou apprenant auprès des anciens comment former les
zelliges, ces tesselles de mosaïque. Posées à l’envers, elles révèlent ces motifs que vous apercevez partout au Maroc, et qui se font, chez Aït Manos, souvent plus modernes.

 

Les commandes affluent, le potentiel est là. Tawfik s’attelle à la création et au contrôle de la qualité, Ghalia, au marketing et à la logistique. Avec son esprit cartésien, elle développe et veille, à tout. Derrière sa rigueur, elle est attentive, à l’équipe et à lui, plus discrètement.
En 1997, la marque s’impose. Un brevet est déposé. Une première dans ce monde conservateur. Le procédé consiste en des tablettes de zellige pré-assemblées, prêtes à être posées. Des collections naissent, plus de trente couleurs sont retenues, le zellige devient (enfin!) plus sophistiqué et peut s’exporter facilement. Des collaborations avec des designers viennent enrichir la marque, des architectes font appel à leur savoir-faire et des distributeurs du monde entier proposent leur zellige.
A les rencontrer aujourd’hui, la passion se lit toujours dans leur regard, ils ont acquis de l’expérience mais conservent leur énergie. Ensemble. La tribu avance. www.aitmanos.com

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